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BTP : le grand boom du marché de la rénovation énergétique

Xavier Biseul
Le 05 mai 2021

Maniant le bâton et la carotte, le Gouvernement contraint les bailleurs à engager les travaux nécessaires pour mettre fin aux passoires thermiques tout en multipliant les aides à la rénovation. Un marché prometteur qui va générer un très grand nombre d’interventions.
 
14 milliards d’euros de travaux par an, pour les trente années à venir. Voilà ce que pèse potentiellement le marché de la rénovation énergétique, tous bâtiments confondus, selon la Fédération Française du Bâtiment. Un enjeu clé de la transition écologique sachant que l’immobilier résidentiel et le tertiaire constituent, avec 20 % des émissions de gaz à effet de serre (GES), la troisième source de pollution derrière les transports et l’agriculture selon une étude du Citepa.
 
Le Plan Climat prévoit une mise aux normes du parc immobilier en deux étapes. En 2025, il vise une diminution de la consommation énergétique de 38 % par rapport à 2010, en visant en priorité les logements des ménages à revenus modestes. Le programme doit ensuite se poursuivre et s’amplifier pour atteindre une diminution de 67% à horizon 2050.
 
Pour tendre vers cet objectif, le projet de loi Climat et résilience, actuellement en fin de lecture à l’Assemblée nationale, entend éradiquer les passoires thermiques, soit 4,8 millions de logements particulièrement énergivores. Pour contraindre les bailleurs à engager les travaux nécessaires, le texte prévoit l’interdiction de la hausse des loyers des logements étiquetés F et G dans le diagnostic de performance énergétique (DPE).
 
En l’état, le texte envisage surtout une interdiction progressivement de mise en location de ces passoires énergétiques. Cela commencerait, en 2023, par les logements dont la consommation est supérieure à 450 kWh par mètre carré et par an, soit 90 000 logements. Après des jalons en 2025 (catégorie G) et 2028 (catégorie F), les 2,6 millions de logements E se verront retirer de la location en 2034.

Des aides à la rénovation pour tout type de profil

Le Gouvernement manie à la fois le bâton et la carotte. Ces dernières années, la panoplie des aides à la rénovation énergétique n’a cessé de s’étoffer. TVA réduite à 5,5 %, chèque énergie, éco-prêt à taux zéro, dispositif “Coup de pouce économies d’énergie”, réduction d’impôt Denormandie, exonération de la taxe foncière pour les travaux d’économies d’énergie, Certificats d’Économies d’Energie (CEE)… Ces aides visent tous les publics, des foyers précaires aux entreprises.
 
Le dispositif le plus populaire reste MaPrimeRenov’. Cette prime d’aide à la rénovation énergétique a vu son public de bénéficiaires s’élargir, depuis octobre dernier, au-delà des foyers à revenus modestes. Un simulateur en ligne, Simul’Aides, permet à un particulier de savoir s’il est éligible à cette aide.
 
Née début 2020 de la fusion du CITE (Crédit d’Impôt pour la Transition Energétique) et des aides “Habiter Mieux agilité” de l’Anah (Agence nationale de l’habitat), MaPrimeRénov’ couvre les différents chantiers destinés à optimiser la consommation énergétique d’un logement, de l’audit énergétique aux travaux de ventilation, d’isolation ou de chauffage. Ces derniers doivent être confiés à des entreprises reconnues garantes pour l’environnement (RGE).
 

2,7 milliards d’euros pour décarboner le bâti public

Le Gouvernement entend aussi donner l’exemple. Dans le cadre de France Relance, quelque 4 214 projets ont été retenus en faveur de la rénovation énergétique des bâtiments de l’État, de l’enseignement supérieur, de la recherche et de la vie étudiante pour un total de 2,7 milliards d’euros.
 
Ce vaste plan de décarbonation du bâti public, qui va des édifices de l’administration aux établissements scolaires et universitaires, doit permettre de créer 20 000 à 30 000 emplois dans la filière de la rénovation énergétique, composée essentiellement d’artisans, TPE et PME.

Coordonner un grand nombre d’intervenants

Les chiffres donnent le tournis et le marché s’annonce on ne peut prometteur pour les métiers de l’énergie qui interviennent dans l’isolation, le chauffage, la ventilation, la climatisation ou l’éclairage. Ils sont regroupés dans différents syndicats professionnels dont le dernier en date, Symbiote, créé en avril 2018, réunit déjà 200 professionnels de la rénovation énergétique.
 
Pour les mois et les années, ces professionnels vont devoir planifier un nombre très conséquent d’interventions, de la première visite chez le client pour le diagnostic des performances énergétiques puis pour les différentes étapes de suivi du chantier. Il s’agit également de composer avec les contraintes spécifiques des interlocuteurs. La gestion des interventions se fait, par exemple, en dehors du temps scolaire pour les collèges ou les lycées.
 
Un autre acteur devrait être dans la boucle. Dans son rapport présenté en mars, Olivier Sichel, numéro deux de la Caisse des dépôts, prévoit de créer un statut “d’accompagnateur rénov” pour toute rénovation dépassant les 5 000 euros. Ce tiers de confiance, public ou privé (mais agréé et contrôlé par l’État), serait notamment chargé de proposer et de chiffrer les travaux adaptés au logement.
 

Formulaires et comptes-rendus personnalisables

Pour coordonner ces différents acteurs et corps de métiers, un logiciel de gestion des interventions de dernière génération semble incontournable. En centralisant l’information, il permettra de planifier les missions au sein d’un plan de tournées commun.
 
Il autorisera aussi la création de formulaires personnalisableS couvrant la grande diversité des interventions réalisées. Sur site, le prestataire remplit son compte-rendu à l’aide de menus déroulants cliquables et de cases à cocher qu’il fera signer électroniquement au client ou à son représentant. Un employeur peut aussi pousser sur le terminal mobile de ses collaborateurs leS consignes de sécurité, physique ou sanitaire, à respecter pour chaque site.
 
Il est aussi possible de créer une check-list personnalisée permettant de s’assurer que la prestation réalisée répond bien aux enjeux de conformité réglementaire ou aux exigences d’une certification qualité. Une traçabilité qui correspond à un enjeu clé dans le domaine de la rénovation thermique.
 
En disposant sur son terminal mobile de toute l’information nécessaire concernant un chantier et notamment l’historique des travaux déjà réalisés, le prestataire est mieux à même de se coordonner avec les autres parties prenantes. A défaut, il peut interroger le maître d’ouvrage par visioconférence ou messagerie instantanée.